ENTREVUE n°6 : L’époque des critiques: fétichisme et dégradant…

Ou en es-tu dans ta prospection de modèles ?

As-tu trouvé la perle rare ?

Existe-elle ? Sûrement. Mais Non je n’ai pas trouvé. J’ai rencontré des modèles formidables, mais qui ont dû être très déçu, je crois.
Voir les photos sur un site, rend toujours une image différente de la réalité.
Après la séance, je pense qu’elles sont déçues, même si elles ne le montrent pas.
Le local est trop petit, la direction des poses non imposées n’est pas facile a gérer pour elles.
Elles sont trop habituées a ce qu’on leur dise, fait ci, fait ça, mets toi comme ci, comme ça.
Ma démarche est différente, il faut une implication totale du modèle dans les poses. Je ne fais que suggérer, je ne veux pas imposer telle attitude ou telle autre, alors c’est pas toujours réussi.
Mais je dois dire que dans l’ensemble j’arrive a tirer quelques belles photos (à mon avis) et que les poses et attitudes si elles sont différentes selon les modèles, restent dans le classissime le plus total. Donc pas trop de risque de dérapage. On est toujours dans le convenable.Tu voudrais que cela change ? Pourtant déjà certains trouvent que ton thème est dégradant et trop fétichiste.
Que cela change : NON, mais qu’il y ait plus de folies. Quelques poses déjantées, mais sans vulgarité. Je sais certains trouvent le fait d’arroser une fille dégradant, ou de la prendre en photos sous la douche. Pourtant, ce ne sont pas des photos hard, seul au maximum les seins sont visibles. Je crois que c’est le phénomène de l’eau, et de la sensualité que cela apporte. Ce n’est pas courant. Donc je comprends que certains soient choqués, mais dans l’ensemble, sincèrement, je pense que je fais tout pour éviter d’avilir mes modèles.
Le fétichisme, est une autre histoire. Bien sûr que mon thème est fétichiste, je ne l’ai jamais nié, quand on photographie pendant plus de vingt ans sur le même vêtement, on est fétichiste. Mais qu’y a t il de déplaisant ? Est-ce vraiment malsain de réaliser cela. Pour bon nombre de visiteurs, je sais que j’assouvis l’un de leurs fantasmes. La Femme mouillée a toujours suscitée des controverses. Cela ne me dérange pas. Il y aura toujours des personnes pour critiquer en mal ce que vous faites et tenter de faire croire que vous êtes un obsédé.
C’est pas un problème, ils ont leurs convictions, j’ai les miennes.
Et puis c’est selon l’éducation de chacun. Je ne peux pas m’opposer à leur point de vue.
Quand on me parle de fétichiste, cela ne me gène pas. Dire que c’est dégradant soulève en moi quelques questions, je dois corriger quelques erreurs dont je n’ai pas fais assez attention ou que je voyais pas ainsi. Dans les critiques il y a toujours une part de vérité. Il faut analyser, y penser, sans pour autant tout prendre pour argent comptant.Tes projets a venir ?
Pour le moment je vais espacer voir interrompre les séances, car les nouveaux modèles sont encore plus orientés vers l’appât du gain. C’est de pire en pire. Je pense même qu’elles vont dépasser les tarifs des péripatéticiennes. A ce rythme, je pense que peu de photographes suivront, donc c’est comme dans l’immobilier, il faut attendre la décrue. Mais de toutes façons je suis trop vieux pour continuer à faire des séances de ce type, il existe un trop grand décalage entre les générations, et c’est devenu très compliqué de trouver le modèle souhaité. Environ 20% correspondent et adhèrent vraiment au projet.
Et puis il faut bien que je prenne le temps de traiter tout ce que j’ai réalisé depuis plus de vingt ans. Il est temps de faire des albums, des expositions et diffusions tout azimut… ciblé néanmoins, pas questions de faire n’importe quoi, n’importe comment. Je ne vais pas en mettre partout, mais il faut que le projet vive d’une autre façon. L’heure à sonné.
Internet m’a permis de me faire une place dans le monde de la photographie, donc je vais poursuivre mes démarches pour faire connaître « Cirologie ».

La quatrième saison est complète ?
Non, loin de là, c’est justement les seules séances que je vais m’autoriser. Je pense qu’il y a là une foule de belles images à faire. Avec en perspectives tous les détracteurs prêts à me cogner dessus. Déjà une fille arrosée ça craint… alors deux!
Mais on verra bien.
Ce n’est pas la fin de CIROLOGIE, c’est une autre page qui se tourne, une autre aire qui arrive. Il faut évoluer. Avancer. Et en vieillissant, le temps avance, les idées changent.
Reverra-t-on des filles en cirés de couleurs dans les villes ? Je ne le crois plus. Le monde a changé, il ne pense plus a s’amuser, ni même à vivre, il ne pense qu’au fric et à survivre.

Pessimiste !

Non, réaliste.  LUCIDE.

 

Ne trouves-tu pas ton thème un peu usé, dépassé….

Absolument pas… Peut-être, finalement… Je ne sais pas, je ne me suis jamais vraiment posé la question. Pour moi, je trouvais marrant et original de sortir des traditionnels clichés de poses classiques, je voulais mettre en valeur les expressions et attitudes du modèle dans une situation incontrôlable. Il me paraît impossible de prendre une pose quand on reçoit une quantité d’eau. Le modèle ne sait pas ou l’eau va frapper… C’est cette expérience qui m’a paru intéressante, et durant toutes mes séances j’ai toujours recherché la pose comique, plutôt que la pose « adaptée ». De plus chaque modèle à sa propre façon d’être et d’agir. Pourquoi imposé une autre position.

Je ris souvent quand je vois les mannequins défilés, la façon dont elles marchent, je n’ai jamais vu personne marcher ainsi, c’est nul. Je préfère le naturel.

 

Ne penses-tu pas que cette façon de poser peut dérouter ?

Sûrement, je ne suis pas un pro, je ne gagne pas ma vie avec ces photos, c’est juste un divertissement.

J’ai le droit de penser et d’agir à ma manière même si c’est raté, même si cela ne plait pas. Je ne suis pas un génie, juste un amateur. Dans amateur il y amour. J’aime ce que je fais. Je trouve que photographier une femme mouillée c’est beau. C’est mon avis. Tout le monde ne peut pas partager mes goûts. Je ne partage pas ceux des autres obligatoirement. Les conditions sont difficiles, le lieu, le décor, l’eau, il faut essayer de trouver des astuces.

J’explique toujours aux modèles comment je procède. Beaucoup n’apprécient pas et refusent, d’autres posent des conditions financières, et c’est moi qui refuse. Mais quand j’arrive à m’entendre avec un modèle, on essaye ensemble de faire le mieux possible. C’est souvent pas très réussi, mais on a essayé.

Aujourd’hui tout le monde veut réussir dans tout, et vite.

Je comprends que ma lenteur et mes idées qui sont un peu décalées, déroutent aussi bien les modèles que les visiteurs. Mais c’est comme tout, on aime, ou on aime pas.

 

Pourquoi ne pas changer de style, faire en ciré sec, ou mouillé sans ciré ?

Pourquoi ne pas continuer ? Persévérer et s’améliorer. Sur la totalité, certains clichés sont très biens. Même si l’ensemble est très moyen, j’adore des centaines de photos prises.

Ciré sec : je l’ai déjà fait, les poses sont trop statiques, il n’y a pas ce côté clin d’oeil amusant.

Mouillé sans ciré : cela a déjà été fait et franchement dans ce cas ce n’est plus « Cirologie »

Le ciré reste l’élément numéro un du thème, l’eau est indissociable, et le modèle indispensable.